Cinis et nihil – Néant

Des jours assez nombreux que me compta le sort,
Des sept parts de ma vie, une encore s’écoulera.
Ma commémoration, ce sont chaque instant que j’ai saisi en images. Celles qui ne seront pas perdues réapparaîtront.

Tenté de percevoir la raison humaine,
d’honorer par-dessus tout la vérité.
La vie m’a tout donné.
J’ai fait ce que j’ai pu
J’ai photographié ce que j’ai vu.
Sensation, sentiment, émotion et opinion, chaque série de mes mots évoque mes pensées bonnes ou mauvaises mais miennes.
La réalité est différente de la vérité qui selon les mots de Foucault est un « effet de pouvoir » ce qui est utile à celui qui domine.

Maintenant je suis qu’une image, signe\symbole durable, souvenir immortel…

– J’étais fou ! Ne l’avais-je pas dit ?
– « That’s all, folks ! »

Sans la Lumière et la Mer, je ne peux pas vivre.
Je veux partir incinéré, emballée dans un carton.
Cramer pour que toute trace physique puisse être mise en poussière.
Poussières larguées en mer au large… Fine est la cendre ainsi ira ma gloire.
L’espace de quelques instants,
mon nom sera écrit dans l’eau et le vent,
au lointain, au-delà de la ligne d’horizon.
Qu’il ne reste rien de moi sur cette terre.
Que l’acidité de plus en plus importante de nos océans face disparaître la moindre trace.
Que je ne revienne jamais fouler cette terre sous quelque forme que ce soit.

Sans insertion dans la presse (avis nécrologique), sans discours,
aucune épitaphe « ci-gît – ici repose »,
aucune plaque commémorative dans un cimetière,
je n’y serai pas pour écouter le vent qui parle sur les tombes

Ataraxie (quiétude de l’âme) ἀταραξία « absence de troubles »,
Délivré et garder en mémoire la totalité de ce qui est vraiment fondamental !
L’âme meurt avec notre agrégat personnel vers un vide infini…

« La mort n’est rien pour nous » car tout bien et tout mal résident dans la sensation : or la mort est privation de toute sensibilité.
Hors de la vie il n’y a rien de redoutable. Il n’y a pas le moindre mal à ne plus vivre.
« Tant que nous existons nous-mêmes, la mort n’est pas, et que, quand la mort existe, nous ne sommes plus. » Épicure
Il m’est donc impossible de la rencontrer. La sagesse consiste donc à acquérir de la distance à l’égard de l’idée de la mort.
Car si l’homme est occupé à penser à la mort, il ne peut pas être heureux.
Cet homme réductible à des atomes, atomes psychiques, un souffle chaud qui circule à l’intérieur de l’agrégat âme-corps et de là émerge un phénomène de conscience.
« l’homme est la mesure de toutes choses, de celles qui sont, au sens où elles sont, de celles qui ne sont pas, au sens où elles ne sont pas » Platon

P.R.
Pleine Lune – Périgée-syzygie – 8 avril MMXX – 04:35:36

Liberté je ne peux pas vivre sans toi.
Enfin libre, je suis enfin libre !
Free at last. I am free at last!
Enfin seul !